Cueillette et cuisine des plantes sauvages

Je ne sais plus depuis quand exactement je m’intéresse aux plantes sauvages. Je n’en connais que quelques unes de comestibles et je vis en pleine campagne, aussi je ne suis jamais rassasiée. Surtout quand je cours le long des chemins verdoyants, où j’en croise un très grand nombre : je me demande toujours si on peut les déguster et à quelle sauce !

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Les feuilles de berce se consomment comme les épinards, en tempura c’est un délice !

On peut se former tout seul à la cueillette sauvage, il existe d’ailleurs de nombreux ouvrages sur ce thème (dont ceux de François Couplan), mais si on est novice en la matière, autant participer à des stages de cueillette sauvage avec un initié, afin de savoir reconnaitre les plantes sauvages les plus communes et surtout, afin de prendre confiance en soi.

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Les tentes de trappeur de la ferme de la Marlière sont situées dans un magnifique jardin

C’est ainsi que j’ai fait la connaissance d’Hélène, qui gère avec son mari la Ferme de la Marlière en Bourgogne du Sud. En plus d’avoir des chambres d’hôtes (en tente) et de faire table d’hôtes, elle organise plusieurs fois dans l’année des stages de cueillette et de cuisine sauvage dans son magnifique domaine et, en plus d’être une belle personne, elle est passionnée par les plantes et en connait un rayon !

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La lampsane commune, dont les jeunes feuilles se consomment en salade

Hélène a sa propre tisanerie et un magnifique jardin dans lequel poussent des roses, de l’origan, de la tanaisie, des blettes, de l’onacre et j’en passe.

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J’ai de la chance, Hélène habite à moins de 15 km de chez moi, c’est vous dire si c’est un excellent guide pour découvrir le biotope de ma région !

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La mauve, une fleur antioxydante et anti-inflammatoire

J’ai donc eu la chance de faire deux stages avec elle, un pour cueillir une tisane « santé et bien-être » qui a duré quelques heures, un autre qui s’est étendu sur la journée, nous avons passé deux heures à cueillir, à différencier les plantes comestibles et à nous balader, puis 3 heures à cuisiner, à déguster et à papoter.

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La reine des prés, un dépuratif anti-inflammatoire qu’on boit en tisane (fleurs).

J’ai ainsi découvert l’épiaire des bois, le chénopode blanc, le plantain, la petite oseille, l’angélique du jardin, la consoude, l’alliaire, la lampsane et j’en passe.

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A droite, Hélène nous montre comment cuisiner les plantes sauvages que nous avons cueillies ensemble dans la matinée.

Nous avons cuisiné et dégusté : une tempura de feuilles de consoude, d’amarante et de berce, un soufflé d’épiaire des bois, un pesto (orties, plantain, feuilles d’alliaire et noisettes) et un fondant au chocolat et aux feuilles de tanaisie ainsi qu’un apéritif à base de vin blanc et sirop de sureau.

stage_cuisine_ferme_marliereLe fameux fondant au chocolat aux feuilles de tanaisie et le sirop de fleurs de sureau qu’Hélène confectionne et vend dans sa ferme.

Pour moi, la cuisine sauvage permet un retour aux sources, c’est un moyen de vivre en harmonie avec la nature tout en découvrant de nouvelles saveurs (les fleurs de bourrache en photo ci-dessous ont un goût d’huître par exemple, ce qui est assez surprenant).

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C’est tellement triste de se dire que la nature nous offre généreusement des plantes et des fleurs gorgées de nutriments et que nous ne savons (plus) en profiter ! J’adore pourtant l’idée que les forêts, les champs non cultivés et les chemins de campagne sont des « marchés à ciel ouvert ».

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Tout pousse en abondance, tout y est gratuit ! Mais nous ne savons plus reconnaitre ces plantes sauvages, alors que nos ancêtres en consommaient énormément.

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Tempura de consoude, berce et amarante. J’ai adoré cette recette (surtout les feuilles de berces ultra-fondantes !).

D’ailleurs, on oublie de préciser que dans les fameux régimes des centenaires (Okinawa, Crète, etc.), ces hommes et ces femmes qui vivent en bonne santé jusqu’à plus de cent ans consomment énormément de plantes sauvages qu’ils cueillent sur leurs îles.

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Soufflé d’épiaire des bois et pesto aux plantes sauvages

Dans la fleur au fusil, George Oxley évoque que durant la guerre de Sarajevo, les habitants assiégés ont survécu grâce à 92 plantes sauvages qu’ils ont consommé pendant 4 ans. Et si demain le monde capitaliste s’écroulait, pourrions-nous survivre sans supermarché ?

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Les feuilles de consoude se consomment comme les épinards et ont un goût léger de poisson

La cueillette sauvage permet donc d’être moins dépendant des commerces environnants et de vivre connecté avec la nature. Respecter les saisons, observer comment la nature change au fil des mois, préparer certains repas en fonction de ce que Dame Nature aura à nous suggérer…

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C’est aussi un beau cadeau offert à mes enfants : transmettre ce que j’apprends, les initier très tôt à la cueillette, se promener avec un panier, revenir à la maison avec des petits trésors verts et les cuisiner ensemble avec amour. Bref, cultiver des petits bonheurs simples… Et leur montrer que ces derniers sont à portée de main !

Chenopode

Le chénopode blanc, riche en vitamine A et C, B6, B2 et E et en calcium

Et vous, connaissez-vous les plantes sauvages comestibles ?

Quelles sont celles que vous consommez régulièrement ?

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